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Acierage
Opération électrolytique recouvrant la plaque de cuivre d’une mince pellicule d’acier (quelques microns), rendant la plaque plus résistante et permettant d’obtenir des tirages plus importants.
Aquatinte
Gravure à l’acide sur une plaque préalablement grainée ; ce procédé, découvert au XVIIIème siècle, permet à l’artiste d’obtenir des nuances en jouant sur la morsure et la finesse de la résine et de créer des zones de valeurs différentes sans procéder à des hachures.
Barbes
Retombées de métal le long du sillon produit par la pointe-sèche sur le cuivre. C’est l’encrage de ces barbes qui donne à la pointe-sèche son caractère particulièrement sensible, qui disparaît parfois avec l’usure. Le mot « barbes » est aussi utilisé pour définir les bords irréguliers d’un papier non coupé. On dit alors que les marges ne sont pas ébarbées.
B.A.T
Abréviation de « bon à tirer ». Lorsque l’artiste a fini son travail, il tire une épreuve témoin chez l’imprimeur avec toutes les indications définitives. Il la signe alors en ajoutant B.A.T. Tous les exemplaires du tirage devront alors se rapprocher le plus possible du B.A.T.
Bois (de bout, de fil)
On dit qu’une gravure sur bois est « bois de bout » lorsque l’artiste a gravé son dessin sur un bloc taillé perpendiculairement aux fibres du bois. Par opposition, on dit qu’elle est sur « bois de fil » lorsque le bloc est taillé dans le sens des fibres du bois.
Burin
Le terme définit à la fois l’outil, la technique employée qui exige patience, concentration, précision, et le résultat, c'est-à-dire l’épreuve tirée grâce à ce procédé.
Composé d’une tige d’acier le plus pur et d’un manche en bois dur réduit à une demi-sphère appelé « champignon », l’outil comporte de très nombreuses variantes dans sa largeur de coupe et dans le profil de son « bec », à savoir de son extrémité biseautée active. Conduit presque parallèlement à la plaque de métal nu, le champignon calé dans le creux de la paume, la pointe dépassant très peu des doigts qui en maîtrisent direction et profondeur, le burin creuse des tailles caractéristiques, effilées à leurs extrémités et renflées dans leur partie centrale. Un coussin de cuir, rempli de son, de sable ou de crin, sur lequel est posé la plaque à graver, permet au buriniste de mieux assurer la coordination indispensable de ses deux mains. L’une doit faire tourner la plaque afin d’offrir toujours à l’autre, qui pousse le burin, le même angle d’attaque pour assurer courbes et changements de direction. « Légèreté et force du bras et de la main déterminent piano et fortissimo, glissando et abrupto, des hachures et des pointillés. »
Carborendum
La gravure au carborendum est une technique inventée par le peintre Henri Goetz au milieu du XX siècle. Elle consiste à ajouter de la matière sur la plaque au lieu de la creuser; le carborendum étant une limaille de silicium qui sert à retenir l'encre.
Chalcographie
S’emploie à la fois pour désigner l’art du chalcographe (graveur sur airain, sur cuivre, et par extension en « taille–douce »), l’atelier où se pratique cet art, une collection de gravures et l’endroit où elle se trouve.
Croquis
Indication spontanée, dessin rapide, saisissant une forme, un mouvement, un saut d’imagination.
Cuivre
La plaque ou planche dont use le graveur en taille-douce peut-être d’acier ou de zinc mais elle est le plus souvent de cuivre, notamment de cuivre rouge, de texture homogène, à la fois souple, résistant et réagissant bien à l’eau forte. La plaque aplanie et longuement martelée doit être scrupuleusement polie car le cuivre lisse « refuse » l’encre hors des tailles. Abraham Bosse recommande l’emploi successif, la plaque étant mouillée d’eau, du gré, de la pierre ponce, de la pierre à aiguiser, du charbon de bois de saule et enfin du brunissoir ; la plaque est ensuite dégraissée (« mie de pain bien rassis, blanc de craie bien doux, linge sec ») car le vernis peut s’écailler là où subsistent des traces de gras. Les bords de la plaque doivent être biseautés et adoucis à la lime afin d’éviter le cisaillement du papier soumis à une très forte pression lors du tirage.
Cuvette (coup de plaque)
« Témoin » de la très forte pression exercée par la presse en taille douce, c’est l’empreinte des bords de la plaque laissée sur le papier humidifié de chaque épreuve.
Dédicace
Hommage fait d’une gravure (comme d’un livre) par une épître imprimée et généralement imagée.
Dessin aux deux crayons
Emploi conjugué de la pierre noire et de la sanguine ; avec adjonction de la « craie blanche », le dessin est dit : « aux trois crayons ».
Eau-forte
Contrairement au rigoureux procédé du burin qui creuse les tailles sur le métal nu par un effort de la main et du bras, c’est ici à un mordant qu’est confiée cette tâche. Sur la plaque couverte d’un vernis inattaquable, l’aquafortiste dessine avec la pointe ou l’échoppe qui enlèvent le vernis protecteur, désignant ainsi les parties dénudées, et elles seules, dont la durée d’action et, partant, la morsure, sont scrupuleusement surveillées. Le processus de réalisation comprend : préparation de la plaque, protection du dos et des bords par un vernis dit « à recouvrir », vernissage, enfumage, report éventuel du dessin d’exécution, tracé à la pointe et (ou) à l’échoppe, morsure voire morsures successives, dévernissage et nettoyage, puis, comme pour burin et pointe sèche, encrage, essuyage, paumage, tirage et séchage des épreuves.
Epreuve
D’abord réservé à la première feuille d’essai, le terme a bientôt désigné toute estampe tirée de la plaque gravée. Chaque épreuve est unique, en ce sens que sa qualité dépend de l’encrage, du tirage, du papier et, surtout du degré d’usure de la plaque, les premières épreuves révélant seules les plus subtiles finesses de la gravure.
Esquisse
Mise en place plus ou moins poussée d’une image où, sans la rigueur du « fini », apparaissent déjà partie de composition et distribution des masses, des valeurs, des lumières, du mouvement.
Essuyage
Opération délicate utilisée lors de l’impression des gravures en taille-douce, qui consiste à nettoyer les parties qui doivent apparaître en blanc, sans pour autant vider les tailles de leur encre.
Etat ou essai
Une épreuve d’état ou d’essai est une épreuve tirée à un certain moment du travail pour en apprécier l’effet : le graveur peut alors opérer sur la plaque modifications, adjonctions, suppressions, et répéter à plusieurs reprises cette opération tirant chaque fois une épreuve, voire une série d’épreuves. On numérote les états successifs en fonction de leur ordre chronologique, l’ensemble des états révélant la démarche créatrice. Il est difficile de parler « d’états » à partir de deux plaques différentes quoique jumelles.
Etude
Croquis poussé qui prend le temps d’une recherche précise de la construction et des caractères particuliers du modèle.
Filigrane
C’est l’empreinte, visible en transparence, laissée dans le papier fabriqué à la forme, d’une figure, d’un logotype, en fil de laiton fixé à ladite forme : elle constitue un précieux élément d’information sur l’origine géographique et la datation du papier.
Frontispice
Page de titre d’un livre, ornée de gravures, ou première estampe d’une série dont elle annonce thème et caractéristiques.
Gravure sur bois (xylographie)
Gravure pour le tirage de laquelle on utilise le bois comme matériau en effectuant l’encrage de préférence sur les surfaces épargnées : principe de taille d’épargne. On distingue deux types de gravures sur bois selon la manière dont on aborde le matériau. La gravure sur bois, connue des Chinois dès le VIème siècle, se développa en Europe au XIIème siècle, après la découverte de la fabrication du papier.
Impression (presse, tirage)
La presse en taille-douce est constituée d’un solide bâti de chêne encadrant le lit mobile de la table placée entre deux rouleaux de noyer. Après encrage et essuyage, l’imprimeur taille-doucier (ou le graveur lui-même) met en place celle-ci (« calage, dit, aux taquets ») sur le lit mobile, applique dessus une feuille de papier dûment soumise préalablement au mouillage et au trempage, couvre l’ensemble d’une autre feuille protectrice, puis des langes ou blanchets, rectangles souples de laine ou de coton. Actionnée sans secousse afin que « l’estampe vienne nette et sans être pochée, maculée et doublée », la croisée à quatre bras (ou moulinet) provoque le mouvement du rouleau supérieur dont la très forte pression entraîne la table : Les blanchets amortissent et répartissent cette pression de façon que le papier humide puisse parfaitement chercher l’encre au fond des tailles. Le maniement des feuilles de papier se fait à l’aide d’une pince (carton, cuir, papier plié) dite « mitaine », afin d’éviter le maculage.
Justification du tirage
C’est l’énumération complète du tirage d’une œuvre.
Lavis
Dessin « lavé » de bistre, d’encre de Chine, de sanguine. Le procédé jouant, comme l’aquarelle, avec le blanc du papier exprime, selon de subtiles variantes de densité ou de fluidité, les transparences, le modelé, les valeurs et les lumières.
Linogravure
Cette forme de gravure est similaire à la gravure sur bois quant à la technique ; seul le support diffère. La plaque de lino est plus tendre à travailler.
Lithographie
De litho=pierre. Fondé sur l’antagonisme de l’eau et des corps gras, ce procédé où n’interviennent ni reliefs ni creux, consiste à juxtaposer, à des surfaces qui, humidifiées, ne retiendront pas l’encre grasse, d’autres surfaces qui, une fois encrées, refuseront l’eau et seront donc seules susceptibles de s’imprimer. La lithographie fut découverte en 1796 par A. Senefelder
Marge
Ensemble des blancs autour de la cuvette. Les marges étaient, au XVIIème siècle, très étroites. Si les marges ont été supprimées, on dit de l’épreuve qu’elle « est coupée au témoin du cuivre ». Après restauration, une épreuve a pu être munie de fausses marges.
Monotype
C’est le tirage d’une œuvre peinte et gravée sur une planche de cuivre ou sur un autre support. Il ne peut y avoir qu’une seule épreuve, exceptionnellement deux.
Papier report
C’est un papier recouvert d’une couche de gélatine et d’amidon sur lequel l’artiste peut dessiner sans avoir à manipuler des pierres litho qui sont lourdes. Le dessin est fait à l’endroit sur le papier, puis reporté sur la pierre.
Plaque, planche
De bois ou de métal, c’est le support qui porte l’image matrice : par extension « planche » désigne aussi les épreuves qu’on en tire.
Pointe-sèche
Le graveur se sert ici pour griffer le cuivre nu de diverses pointes très acérées, qui, au long de leur parcours, repoussent des bourrelets de métal : on se garde de supprimer ces barbes car elles donnent, du moins dans les premières épreuves tirées, des noirs profonds et veloutés.
Privilège
Sollicité auprès du roi par l’éditeur, il assure à celui-ci le monopole du tirage « faisant défense à tous autres d’imprimer la dite estampe ».
Rehauts
Touches de craie, de gouache, d’or...destinées à éclairer un dessin de lumières, à souligner le modelé. On parle aussi de rehauts pour les reprises de tailles, les adjonctions faites au burin ou à la pointe-sèche sur une plaque précédemment traitée à l’eau-forte.
Sanguine
Variété d’oxyde naturel de fer dit « hématite », quelquefois appelée improprement « craie rouge », sa teinte varie, selon les gisements, du rouge clair au brun doux. Elle s’emploie en bâtonnets pour le dessin, en lavis ou en poudre.
Sérigraphie
Ce procédé d’impression est réalisé grâce à un tissu tendu contre un support quelconque et dont certaines parties ont été obturées. L’encre ne traverse, pour se déposer sur le support, que les parties non obturées.
Taille
C’est le sillon tracé dans le métal au moyen de l’outil ou de l’acide.
Taille d'épargne
Méthode de gravure qui consiste à creuser la planche dans toutes les parties destinées à donner des blancs, en épargnant les éléments correspondant aux traits du dessin pour leur permettre de s’encrer et de s’imprimer.
Taille douce
Ce terme englobe l’ensemble des procédés manuels de gravure en creux sur métal, avec encrage des creux (par opposition à la taille d’épargne). D’aucuns assurent que « taille douce » vient du franco-provençal « taille d’ost » c'est-à-dire de ce qu’on ôte par opposition à la taille d’épargne où l’on épargne.
Tirage
Action de tirer une épreuve, c'est-à-dire de l’imprimer. Par extension est devenue synonyme d’édition.
Valeur d’une estampe
Précisons d’abord « que de quelque côté qu’on se tourne, on en revient toujours à la question de l’érudition du collectionneur ». La valeur de collection dépend d’abord de l’authenticité et varie en fonction de la notoriété de la planche dans l’œuvre du graveur, mais aussi de sa rareté (tirage limité, épreuve d’essai ou d’état, épreuve avant la lettre…). Elle dépend des conditions et de l’époque du tirage (« premier », ou « tout premier tirage », ayant conservé « la fleur des tailles » ou, au contraire, épreuves tirées sur cuivre usé ou à partir d’un cuivre « retravaillé ») ; elle dépend également de sa qualité d’encrage et d’impression (« très belle épreuve », « splendide », « exceptionnelle », ou épreuve dite « barbouillée », « boueuse », « grise », « pâle », « neigeuse »), elle dépend enfin de la qualité de son papier, de ses marges et de sa conservation, (excellente conservation ou épreuve légèrement souillée, froissée, pliée comportant égratignures, déchirures, piqûres ou tâches d’humidité, etc.)
Vernis
Destiné à couvrir la plaque pour la protéger de l’attaque du mordant, le vernis se fabrique selon de multiples recettes : chaque graveur fait d’ailleurs son choix d’un ensemble: vernis, eau-forte, outils, tours de mains, établissant entre ces différentes composantes une cohérence conforme à ses exigences d’écriture. Dans tous les cas, un vernis doit bien résister au mordant et bien adhérer à la plaque, ne pas s’écailler sous la pointe ni fondre à la chaleur de la main.
Pour qui exige une écriture franche et claire, le vernis mou (vernis « mol », « tendre » qu’on ne confondra pas avec le vernis mou à base de suif employé au XVIIIème siècle, dans le procédé dit « en manière de crayon ») présente le défaut de rester gras et collant, de se gâter au contact des doigts ou du calque, de donner sous la pointe des traits plus doux mais jugés trop incertains. Le vernis dur, emprunté aux menuisiers florentins (vernice grosso da lignaiuoli) à base d’huile de lin cuite, et de mastic en larmes (résine du lentisque), sèche et durcit vite, permet le report et s’accommode tant de l’emploi des pointes les plus fines pour des traits ténus et rapprochés que de l’échoppe pour la « taille unique » : il convient parfaitement au procédé des morsures successives.
Avec l’aimable autorisation d’Henri Claude,
Lexique du catalogue Jacques Callot,
Editions de la Réunion des musées nationaux, 1992.
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